Mercredi 30 janvier
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«Cette condamnation crée une obligation morale à notre pays», déclare dans un communiqué l'Association des parents gays et
lesbiens (APGL) suite à l'arrêt du 22 janvier de la Cour européenne des droits de l'homme, condamnant la France pour un refus d'agrément d'adoption .
«Elle contraint l'administration française à ne plus discriminer les homosexuel(le)s qui refusent de mentir sur leur orientation sexuelle.» L'association
appelle la France à faire évoluer son droit, «comme ont su le faire […] l'Espagne, la Belgique, la Grande-Bretagne, les
pays scandinaves» et exige que «l'État français [cesse] de s'opposer systématiquement aux décisions que prennent des magistrats pour protéger les enfants
élevés par des parents de même sexe».
Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a annoncé aujourd'hui avoir redéposé ses deux propositions de loi, déposées en vain en 2006, visant à autoriser le mariage et l'adoption pour les
homosexuels. Le député de Paris Patrick Bloche espère que cette «importante décision […] concourra à lever, au sein de la majorité parlementaire de droite,
l'opposition qui subsiste malheureusement à l'adoption de ces textes». Dans un communiqué signé par François Vauglin et Adeline Hazan, le PS jugeait «essentielle» la décision de la CEDH, et estime qu'il n'existe plus d'«argument» pour interdire l'adoption par un couple
d'homosexuels.
La joie est partagée aussi par le Centre LGBT de Paris-Ile-de-France et le Collectif contre l'homophobie qui évoquent tous deux une «formidable avancée»,
tout en rappelant que «la question de l'adoption conjointe par un couple homosexuel n'est toujours pas résolue». L'Inter-LGBT appelle pour sa part le
gouvernement «à tirer toutes les conséquences de cette décision» et note que «le projet de loi annoncé sur la création
d'un statut du tiers (beau-parent et co-parent) n'est toujours pas à l'ordre du jour au parlement, bien qu'il soit d'une ambition très modérée».
Une opposition qui s'est d'ailleurs manifestée dès hier sous la forme d'une déclaration de la députée UMP des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot, présidente du Conseil supérieur de l'adoption, qui
estime que «les juges outrepassent leur fonction en disant plus que le droit» et déclare que «le législateur n'a jamais
entendu ouvrir l'adoption aux homosexuels». Pourtant, la CEDH n'a fait que rappeler la loi française qui n'impose pas la condition d'hétérosexualité aux candidats à l'adoption…
Par denis
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